2 février 2015

Torotoro

De Coroico nous filons tout droit au parc national Torotoro. Enfin, je dis tout droit... Pour cela il nous faut d'abord repasser par la Paz, paniquer parce qu'on n'arrive pas à retirer des sous, et dormir une nuit à Cochabamba parce qu'on y arrive à 1h du matin. Dormir une nuit à Cochabamba donc. Arrêtons-nous en images sur l'unique hôtel de l'horreur que nous avons trouvé à deux heures du matin pour fort cher.



Bref nous partons donc en fin de journée pour Torotoro. Petit chemin chaotique, je n'ai plus idée du temps qu'on a bien pu mettre, mais je sais juste qu'on arrive dans la nuit et que le type qui gère les bus tient aussi un hôtel et un restaurant, et qu'on opte ce soir là pour le monopole. Le lendemain on part à la pêche au guide parce que le lieu est une réserve et qu'il est interdit de s'y balader sans un monsieur inutile. Oui, je dis inutile parce que ce cher guide nous aura bien fait marrer : "alors là-bas c'est l'escalier que nous avons monté tout à l'heure". Ah oui, sans blague ? Ce qu'il faisait le mieux c'est pousser des petits cris bizarres partout où il y avait de l'écho, et à ces moments là on avait du mal à garder notre sérieux. À la fin du parcours il s'est mis à pleuvoir, alors quand on arrivait au village il s'est tout simplement barré, parce que bon, on va quand même pas se faire mouiller pour dire au revoir à trois touristes à la con. Pour être tout à fait juste, on a quand même aperçu un guide qui avait l'air de raconter un peu plus de choses que le nôtre, pas de bol.


Dans le parc, on a croisé des empreintes de dinos, et ça c'est quand même un peu fou ! En fait, je savais même pas qu'il existait quelque part des empreintes fossilisées de dinosaures avant de venir ici. C'est plutôt chose courante dans le coin, puisqu'on en retrouvera aux alentours de Sucre (qu'on n'ira pas voir parce que, tristitude, c'est un tour payant à la con).


On a vu moult formations rocheuses, dont ce pont naturel.


Et le canyon.


Et le clou de la promenade, on est descendu jusqu'à une chouette cascade où on a pu tremper nos postérieurs et pique-niquer tranquillement.


(Le copyright de cette chouette photo, c'est Marine.)


On va ensuite (ou le lendemain je sais plus, chipotez pas) manger au marché du village. Je me dis qu'un jus de fruit serait le bienvenu, alors nous voilà parties demander les prix à la tienda d'à côté :
"Bonjour madame, combien coûte le jus d'orange ?
-[prix en bolivianos que j'ai oublié depuis, lâché du bout des lèvres sans quitter des yeux la télé]
- Et celui à la pêche ?
- No tengo. (J'en ai pas.)
- Bah si y'en a un là (disons-nous en montrant la bouteille qui est sous notre nez).
- NO TENGO !"
Ooook on se casse si tu veux pas nous vendre tes trucs Mireille.
Bon je raconte que les choses pas cools, mais c'est que seulement en Bolivie on a rencontré des gens qui nous méprisaient totalement parce qu'on était touriste (ce qui s'explique mais bon, ça fait jamais plaisir). Cela dit, la veille nous étions avec des gens tout à fait sympas au restaurant, et 2min après s'être fait envoyer bouler pour le jus de fruit, on a pu jouer avec des enfants au marché, Marine a fait des pliages avec eux, le tout avec des parents adorables. Mais une réponse pareille est devenue notre running gag, c'est aussi pour ça que je raconte l'événement.
On en a maintenant un autre avec Cristian qui me fait toujours autant marrer plusieurs semaine après, alors je vous offre un petit spoiler. On était à Salta et on croise une vendeuse de pralines. Il y avait un prix pour 3 petits sachets achetés que Cristian tente de baisser en demandant quelque chose comme : "Vous me feriez les trois pour 15 pesos ?" ce à quoi la jeune femme a seulement répondu un "NO !" tellement direct et agressif en lui lançant un regard hostile, et avec la voix grave et cassée si courante des argentines, que notre grand jeu maintenant est de caser ce "no" partout où on peut.

À l'hôtel, un événement gâche un peu tout : Marine a des draps superman, et du coup je suis méga jalouse.


Le lendemain de notre balade guidée on tente une expédition gratuite jusqu'au cimetière des tortues qui s'avèrera n'être qu'un lieu de fouille où on rencontre fossiles et os de dinosaures, mais où on ne croisera pas l'ombre d'une foutue tortue.

Bon, y a un truc avec le ciel en Amérique latine, ou on y fait plus attention je sais pas, mais il est toujours fou.


De retour à Cochabamba c'est à nouveau la galère pour trouver un hôtel, on demande par hasard, un peu pour rire, en passant devant une porte grand luxe, patio intérieur et fontaine au milieu, le prix d'une habitation, qui se trouve finalement être le plus correct rencontré jusqu'ici. À Cochabamba on retrouve aussi Fabrice et Kati (oui, les mêmes qu'à Cuzco !).

31 janvier 2015

Cocorico

À partir de La Paz, on fait un détour par Tiwanaku, sur la base d'un défi lancé par un ami après le Machu Picchu. Conflit sur les dates, et du coup sur les prouesses de cette civilisation... Toujours est-il qu'on ne profite pas beaucoup du lieu : c'est une plaine en altitude désespérément plate où le soleil frappe comme un fou et où on ne rencontre pas un millimètre d'ombre. 


Ajoutez à cela que l'altitude rend fainéant du moindre pas et vous nous imaginerez arpenter les sentiers des ruines au ralenti. Quels fifous de s'être installés ici ces Tiwanakus. 
On y trouve des portes


Des visages par centaines


Et des playmobils.


De la Paz également on fait un aller-retour à Coroico dont on nous a vanté les mérites, pour passer Noël. Coroico, c'est le village auquel on accédait avant par la fameuse route de la mort, qui s'éloigne des hauteurs de la capitale pour descendre dans la jungle. Heureusement pour le petit cœur de mes parents, cette route est maintenant plus touristique qu'autre chose (pour des descentes en VTT notamment) et nous n'avons pas eu à l'emprunter, car elle est remplacée par une toute neuve (un peu folklorique quand même, sinon c'est pas drôle, mais disons que sur celle là on peut se croiser).
Cristian, censé nous rejoindre pour Noël, est fort à la bourre après quelques péripéties de son côté, et c'est seulement à 19h que je vois son minibus débarquer sur la place du village. Le temps se gâtant, il a mis 7h au lieu de 2h30 pour nous (je ne me souviens plus des heures exactes, mais c'était un écart aussi impressionnant que ça). Nous voilà une petite famille réunie pour Noël, avec les deux filles de notre hôtel, deux autres pensionnaires, un français rencontré sur la place du village et...


 Le Père Noël bien sûr !
(Celui-là il est pour toi Nadège, je crois qu'on a trouvé mieux qu'un Père Noël en short !)

Bon et puis on a fait un tour dans la piscine, parce que c'est normal c'est le 25 décembre.


On a fait des trucs avec des frites.



Et avec des bouées aussi.


Et puis on est parti en expédition pour les fameuses cascades de Coroico dont tout le monde nous a parlé sur la route. Même un monsieur rencontré à la Paz (fort aimable qui nous a invité au resto pour pratiquer un peu son français) nous avait dit "oh non Coroico j'aime pas trop le village... MAIS LES CASCADES PAR CONTRE". J'avais donc en tête les cascades de Mindo, un coin perdu dans la jungle où on allait pouvoir tremper nos arrières trains dans l'eau glacée et limpide après 2h de marche sous le soleil et dans la poussière...


 Mais on arrive à une mini cascade au bord de la route où les femmes lave leur linge, les hommes leur voiture, et où la moitié du village s'entasse. Grosse déception.


Heureusement, le matin du départ le paysage envoie du pâté et... et Marine joue avec des bebetes.



26 janvier 2015

Foutez nous la paix

La paix - La Paz, super jeu de mots...

Le lendemain de notre retour de la Isla del Sol, nous filons dans un collectivo pour la Paz. Ce transport à lui seul est toute une aventure ! Tout avait bien commencé quand au bout d'un moment le minibus s'arrête dans un petit village. Rien de surprenant à ça, les arrêts sont courants aux heures des repas et en général tout le monde descend pour manger un bout. Timing parfait, j'ai besoin des baños pour une pause pipi. Je demande quand même au chauffeur : "Vous nous attendez einh ?", ce à quoi il répond : "Oui, oui, en face". Marine cependant flaire l'arnaque et regarde le bus s'éloigner : 
"Fanny... le bus s'en va en bateau là.
- Mais non t'inquiète.
- Si vraiment le bus traverse la rivière avec nos sacs à dos sur le toit !
- Ça doit être normal, peut-être qu'il font un ravitaillement de je sais pas quoi de l'autre côté... De toutes façons quasi tout le monde est descendu."
Et nous voilà parties pour les toilettes. Au retour, pas moyen de croiser une tête connue sur la place du village, et pas trace du minibus. Et pourtant, les housses de nos sacs à dos sont jaunes fluo et trônent sur le toit du véhicule. À ce moment là on se dit qu'à aucun moment on a pensé à noter la plaque d'immatriculation du minibus et qu'on ignore le nom de notre chauffeur (AU CAS OÙ ils se soient barrés avec toutes nos affaires, pour les retrouver quelque part en Bolivie...). On sort nos tickets pour connaitre le nom de la compagnie, mais rien du tout, ces tickets sont seulement un petit papier de couleur avec quasi rien d'écrit dessus, en tous cas rien qui pourrait nous aider. À bien y réfléchir, on n'est même pas très sûres de la couleur du minibus... Blanc ? Comme tous les minibus...
On finit par aller se renseigner, et on nous explique que les passagers doivent eux aussi traverser la rivière (qui est d'ailleurs sans doute un bras du Titicaca) séparément de leur véhicule. On achète un ticket chacune et on file vers le lieu d'embarcation. Le monsieur qui est là nous explique que les passagers de notre bus ont déjà traversé, que maintenant il faut qu'on attende qu'une barque revienne de l'autre côté... En guettant ladite embarcation qui approche lentement, on essaie de distinguer le jaune fluo de nos sacs sur l'autre rive, mais rien du tout...
On finit par monter dans une vieille barcounette (petite barque) au moteur franchement aléatoire, et même s'il y a autant de vagues dans ce bras du Titicaca que dans l'étang Fouché, on est secoué comme en pleine mer. La traversée se fait aussi rapidement que pour aller à l'Isla del Sol, c'est dire si on a le temps d'imaginer cent fois nos valises partir sans nous jusqu'à La Paz...
Arrivé sur l'autre rive, dans l'angle opposé de la place les passagers du bus nous font de grands signes, et le conducteur nous braille dessus. Karma touriste +5000.

La Paz en bref :

Des collines et des téléphériques


Des combats de cholitas (catch avec des femmes à nattes)


Bon, de cet épisode je pourrais vous parler des heures, mais puisque c'est vieux comme la période de Noël j'essaie de faire bref... : le combat avec la dame de l'accueil parce qu'on paie un prix spécial touriste, la rencontre avec une famille, le lançage de peaux de mangue et de bombes à eaux avec le sosie de Doc Gyneco, le sosie de Kad Merad version catcheur aux cheveux longs, Bob l'éponge qui fait du catch, une tête de bestiole morte non identifiée...

Une ambiance de Noël et des Panettones


Des galipettes


Des ruelles jolies


Bilan des courses : la Paz est la première grande ville latino américaine que j'aime beaucoup, si on fait exception de Cuenca, en Équateur !

15 janvier 2015

La prolifération des mouches autour du lac Titicaca (2/2)

Copacabana c'est pas très joli, et le climat est toujours aussi frisquet dans le coin. Mais c'est pas si grave, comme pour tous ceux qui passent par là, Copacabana n'est qu'une étape pour la Isla del Sol. On embarque en début d'après-midi pour le côté sud (si je dis pas de bêtises). C'est pas si loin mais la traversée est longue car les bateaux ne sont équipés que d'un petit moteur de barque. Il faut alors choisir entre vomir en bas et a l'abri ou se les geler en haut la gueule au vent. 


On rencontre un lama (ou un alpaga j'en sais trop rien) et on se dit que ces bêtes là, ça a vraiment l'air con quand même.
On y croise aussi deux Robertas. Faut que je vous explique le concept des Robert. Le Robert est un voyageur que l'on rencontre plus fréquemment quand on voyage avec Marine - mais ça je sais pas pourquoi - et qui voyage de façon étrange, qui parfois et très collant ou qui vous sort des énormités. Le Robert peut imprimer toutes les pages wikitravel des villes qu'il va croiser, porter une poêle dans son sac à dos parce que celles laissées à disposition dans les hostals ne sont pas à son goût, ou vous sortir de but en blanc que les noirs, il aime pas ça et qu'ayant vécu dans les caraïbes, il sait ce qu'il dit. Bref, ces Robertas françaises voyageaient avec une énorme valise à roulettes, et quand elles ont dû débarquer sur l'île avec leur attirail, ça nous a bien fait marrer.
Arrivées sur l'île et après un petit pique nique, on entreprend la grimpette jusqu'à un hostal, et les marches avec l'altitude et les sacs, c'est pas une mince affaire. À ce moment là, on pense encore plus à nos Robertas.
De l'hostal on a une superbe vue sur le lac, et on se posera juste pour se reposer, écrire, dessiner un peu et faire des photos sans s'aventurer plus loin avant l'heure du dîner.


Au petit matin le lever de soleil sur le lac est magnifique et la lumière perce très lentement. Grâce aux dieux de l'envie de faire pipi j'en vois le début et grâce à l'alarme de son réveil, Marine en voit la fin. La photo, c'est un coucher je crois.

On se lance dans l'expédition : traversée de l'île pour attraper un bateau qui nous ramènera à Copacabana. Il n'y a pas 50000 options : sortis du village, il n'y a quasi qu'un chemin, et c'est une route "à péage". Encore une fois, on galère un peu dans toutes les parties plus ou moins inclinées, car avec l'altitude on souffle comme des boeufs. Cela dit, ça n'empêche pas Marine de faire quelques galipettes.


On n'a pas tant trainé la patte que ça mais il commence à se faire tard et ça devient un peu juste pour notre bateau de retour. Carte et GPS en main, on décide de couper à travers champs pour rejoindre le port à temps. Manque de chance, les GPS ne vous préviennent pas qu'il va y avoir une falaise... !
Nous ne descendons pas en rappel mais sommes forcées à un petit détour qui nous permettra quand même de choper notre bateau à l'heure (il sera même en retard, le bougre).


Petite note d'actualité : Marine m'a déjà quittée, et je suis actuellement à Salta, en Argentine, en même temps que le Dakar !

2 janvier 2015

La prolifération des mouches autour du lac Titicaca (1/2)

Après un second bref passage à Cuzco le temps d'une nuit (qui nous permettra d'oublier nos précieuses serviettes microfibres dans l'hôtel... - nous n'en trouverons une nouvelle qu'à La Paz et pour quatre fois le prix français environ) nous prenons la route pour Puno, sur les rives du lac Titicaca. À peine arrivées dans la ville après une nouvelle nuit de l'horreur passée dans un bus, nous nous engouffrons dans un collectivo qui nous dépose quelques heures plus tard à Llachon, petit village de la péninsule Capachica, toujours du côté péruvien.
Pas de chance à ce moment là, il pleut, il fait froid, et avec l'altitude et le voyage nocturne nous sommes absolument crevées. Nous débarquons dans un petit village aux rues boueuses qui nous paraît de prime abord un peu hostile... On échoue dans le premier hostal venu en descendant en direction du lac. L'altitude fatigue, on est congelé mais les chambres ne sont pas très chaudes et la douche n'a pas d'eau. On négocie quand même un petit déjeuner même s'il est normalement un peu tard, et on nous sert du thé, du riz et des œufs. 


Heureusement, le ciel nuageux rend le lac magnifique car les nuages paraissent très bas et se reflètent dans l'eau... Nous rêvions d'un service de laverie pour notre linge, il faudra faire cela à la main ! Tout comme la douche, ça l'eau étant tellement gelée, nous décidons de la faire chauffer au soleil dans des sacs plastiques pour pouvoir chacune nous laver la tête ! On doit les faire rire, ou les enfants qui passent ont fait les rapporteurs, toujours est-il qu'on nous prend en pitié et qu'on nous propose des bassines pour laver notre linge. La grand-mère de la famille tente de nous expliquer quelque chose, mais nous parle en Quechua comme si c'était notre langue maternelle et nous n'y comprenons absolument rien. Elle finit en tous cas par nous apporter deux nouveaux seaux d'eau mais nous ne savons pas vraiment ce qu'elle voudrait qu'on en fasse. Le soir, on mangera un de nos meilleur dîner bolivien, en regrettant tout de même de manger toutes seules dans une grande salle plutôt qu'avec le reste de la famille. Les gens ne discutent pas beaucoup, nous fuient un peu, et nous surveillent discrètement depuis la cuisine pour débarrasser la table dès notre assiette vidée. Dommage.


Nous repartons le lendemain pour Puno, en quête d'une précieuse serviette microfibre que nous ne trouverons point. Nouveau rebondissement, quand nous arrivons au terminal de bus pour traverser la frontière bolivienne, le bus que nous avions réservé ne part finalement pas, faute de passagers. Nous ne sommes que trois, nous deux et un québécois avec qui nous ferons le voyage jusqu'à Copacabana en collectivo.
Une frontière plus tard, il fait toujours aussi peu chaud à Copacabana, et les soirées sont l'occasion de véritables tempêtes de grêles qui un soir couperont l'électricité de tout le village, nous donnant l'occasion d'un petit dîner aux chandelles pour terminer notre pizza.
Nous embarquons le lendemain pour la Isla del Sol, mais je réserve ce récit pour plus tard, car nous sommes en ce moment à Tupiza, et il est temps pour nous de réserver un tour pour visiter le salar d'Uyuni ! 

30 décembre 2014

L'equipée péruvienne



Débarquées à Cuzco au petit matin après une nuit d'horreur dans un bus qui passait de moins 50 à la température d'un sauna (version sèche) - j'ai de plus en plus de mal avec les bus de nuit, j'en ressors toujours complètement malade - nous rencontrons un couple de français, Fabrice et Kati et partageons avec eux notre taxi pour le centre ville, avant de nous mettre tous à la recherche d'un hostal où finir notre nuit et passer les suivantes. Nous optons tous pour le même et après une sieste salvatrice nous nous retrouvons au Free Tour de la ville (je vous ai déjà expliqué le concept de la chose, pour Quito).

Cuzco est jolie, le centre historique est entièrement de style colonial, mais est trèèès touristique : tous les deux mètres nous nous faisons alpaguer par des gens qui essaient de nous vendre un massage, un tour pour le Machu Picchu ou une photo avec des cholitas en habits locaux portant dans leurs bras un bébé alpaga. Il nous faudra bien deux jours pour dénicher le bureau du ministère de la culture (oui parce que le premier jour on a commencé par skyper avant de prendre le temps d'aller manger pour rien du tout au marché avant de réaliser qu'il fallait peut-être qu'on se bouge l'arrière train).


Le marché parlons-en : on y trouve de mignonnes petites grenouilles prêtes à être passées au mixeur et transformées en un charmant breuvage censé soigner tous les maux du monde, ménopause comprise, car oui mesdames c'est un mal. On y a croisé également du savon à base de bave d'escargot ainsi que de mignons petits fœtus de lamas séchés qu'il est de bon ton d'enterrer sous une nouvelle maison en construction en offrande à la pachamama. On a franchement hésité entre les trois mais Marine a préféré acheter des chaussures.


On est tombé le premier jour sur une pâtisserie française répondant au doux nom de Panam et il faut avouer qu'on a craqué trois fois pour un petit dej bien français avec confiture de myrtilles, pain au chocolat ou pain au raisin. Après 2 mois d'oeufs revueltos vous pouvez pas savoir ce que ça fait du bien. On prend un air digne parce que ce petit dej nous coûtait quand même un bras, il faut l'avouer.

Ensuite il nous a fallu comprendre comment s'en tirer au moins cher pour avoir le droit de voir le Machu Picchu, et ça c'était pas le plus simple dans l'histoire. En gros, il faut savoir comment se rendre de Cuzco à Agua Calientes, le village le plus proche de la bête. Pour ça il y a un trek de 4 jours (l'inca trail), des millions d'agences qui proposent des transports, un train qui coûte les deux bras et un rein, ou les transports locaux. Mais dans tous les cas, tous les transports ne vous emmènent qu'à un lieu qui s'appelle Hydroelectrica après quoi les seules options sont le fameux train ou nos petites pattes pour marcher les 10km restant.

On a choisi la dernière option : les transports locaux ! Premier bus au petit matin entre Cuzco et Santa Maria. Puis minibus entre Santa Maria et Santa Teresa (ce trajet là on n'en parle pas assez, c'est la 2e route de la mort). De là nous marchons jusqu'à des thermes en contrebas du village où nous avons lu qu'il était possible de camper. Après avoir gambadé un peu en plein cagnard au milieu de nulle part, nous ne sommes pas fâchées de découvrir le lieu et même très agréablement surprises. Le coin est magnifique, le camping est gratuit et nous filons tremper nos arrières trains dans l'eau chaude une fois la tente montée.


Car oui j'ai oublié de préciser ça, mais une partie de notre astuce Machu Picchu pas trop cher, c'est la tente. Bon, on se fera dévorer par les moustiques en 30 secondes et demi, ce qui décorera joliment nos gambettes pour la fameuse visite, mais ça faut pas le dire. Au petit matin nous pouvons profiter du lieu toutes seules et assistons au nettoyage et remplissage des bassins pendant que Marine se promène tranquillement sur les mains.


Ce qu'il faut pas dire non plus c'est que je me lève nauséeuse et qu'avec ce qu'il nous reste à marcher, ça s'annonce pas drôle. On prend un minibus pour remonter au village car j'ai besoin d'une pharmacie, puis on commence à pied la route jusqu'à hydro electrica. Mais c'est sans compter la chaleur accablante et la poussière : on renonce au bout d'une petite heure et on attrape en route un minibus qui passe. Arrivée sur place je suis malade comme un chien et Marine me traîne le long des 10km de rails que nous faisons comme beaucoup à pied pour ne pas payer le train.


Nous arrivons enfin au camping de Machu Picchu pueblo et Marine s'occupe de moi comme une maman, monte la tente et m'apporte un Coca-Cola salvateur. Il est 17h et moi et ma fièvre nous nous contentons de nous écrouler dans la tente jusqu'au lendemain matin pendant que Marine va toute seule profiter des thermes d'Agua Calientes.

Nous nous levons à 4h30 pour être prêtes à gravir le Machu Picchu dès l'ouverture du site. Là nous avons à nouveau le choix entre un bus à 10 $ ou nos petits pieds, et nous grimpons donc les 1700 marches en 1h (ou 3/4 d'heure pour Marine). Les plus rapides verront l'arrivée des premiers rayons du soleil sur le Machu Picchu, les autres (moi comprise) le verront encore à demi éclairé par le soleil  :  moment magique.


La montée est longue et difficile, on sue à grosses gouttes sous ce climat quasi tropical, mais quelle récompense ! Le point positif est que malgré tout l'argent et les dispositifs touristiques gravitant autour de ce site, le lieu est tout aussi magnifique que ce à quoi on peut s'attendre.


On se lance sans trop tarder à l'assaut du Wayna Picchu (la montagne que vous voyez au fond sur la première photo) dont nous avons réservé l'ascension. Je peine un peu à enchaîner cette montée après notre grimpette matinale, Marine file à nouveau devant moi, mais l'arrivée au sommet nous offre une chouette vue sur le site.


Nous nous risquons jusqu'au "temple de la lune", mais le parcours est long et difficile, pour peu de choses. Nous redescendons ensuite nos 1700 marches jusqu'au camping pour nous vautrer dans l'herbe un bon moment avant de trouver le courage de prendre une douche froide en braillant pour se donner du courage, puis de marcher jusqu'à Aguas Calientes à la recherche d'un restaurant où nous mangerons notre premier vrai repas depuis deux jours.

Ce n'est que le lendemain que nous reprendrons la route d'Hydroelectrica, puis un nouveau minibus qui nous déposera directement à Cuzco. Le ciel nuageux est le bienvenu pour notre marche, mais nous fait réaliser notre chance d'avoir eu droit à un temps clair et ensoleillé pour notre visite du Machu Picchu  ! 

17 décembre 2014

Le Canyon del Colca



Depuis Arequipa, nous partons pour le Cañón del Colca : 3400m, plus grand que le fameux grand canyon des States. Après avoir enchaîné deux villes, nous aspirons à un coin de nature tranquille dans lequel se poser quelques jours, ce que ce lieu semble nous promettre.
La femme de notre auberge nous propose un minibus qui nous prendrait directement devant l'hôtel le lendemain matin (à 3h30, aïe ça pique, surtout après une nuit passée dans un bus). Nous voilà donc partis dans notre minibus, mais au bout d'un moment, les gens qui parlent rando et pompon sur la Garonne, la pause petit dej dans un restau nous inquiètent un peu, et nous finissons par poser la question à nos camarades de voyage  :  eux sont là pour un trek de deux jours, la descente du Canyon et la remontée. Après une petite suée je vais donc demander à notre chauffeur ce qu'on fabrique ici, mais tout va bien, nous ne sommes comprises que pour le trajet. Deuxième point qui pique : l'entrée dans le parc nationale coûte 70 soles là où j'en attendais 35 seulement. 


Bon, on met du coup une éternité à parvenir à destination et on se demande un peu l'intérêt du réveil nocturne (oui, nous pensions à la base que c'était pour voir le lever du soleil à Cruz del Condor, point de vue sur le Canyon).


Arrivées à Cabanaconde nous nous installons dans une chambre fort mignonne accompagnées par Claudio le bébé chat. On craque pour des crêpes banane-chocolat de l'autre côté de la place principale du village et on se dore enfin au soleil (en attendant les fameuses crêpes et en voyant le cuistot faire des aller-retour en courant entre son restau et l'épicerie voisine avec une fois des œufs dans les mains, une autre de la farine et des bananes).


On se risque ensuite jusqu'au mirador au bout du village où on découvre une vue bien plus impressionnante sur le canyon que celles où s'arrêtent les minibus. On y passe un bon bout de temps, et la sieste de Marine dans sa petite cahute lui offrira son premier coup de soleil latino américain (et pas des moindres).



Le lendemain nous comptons aller jusqu'à des ruines indiquées sur les cartes, dont l'homme des crêpes de la veille nous avait indiqué la direction. On nous avait prévenues que le chemin n'était pas évident à trouver, alors nous demandons notre chemin en route, ainsi que le temps que l'ascension devrait nous prendre. Une jeune femme nous répond que si elle y va en marchant, elle en a pour une demie heure, une heure pour nous si nous sommes lentes. 


Elle nous propose de la suivre jusqu'à la route au pied de la colline qu'elle rejoint en coupant à travers champs. Il faut s'accrocher à son pas pour ne pas la perdre, et avec l'altitude le souffle nous manque un peu. Nous sommes suivies par une autre compagne de voyage, une chienne noire qui ne nous lâchera pas de la journée, et que nous appellerons Colca pour l'occasion.


On arrive en haut épuisées, et la redescente est encore plus terrible. Le tout nous aura pris finalement tout l'après-midi... Mais la vue en valait la chandelle (non, je ne sais pas si ça se dit, mais tout est permis).


De retour à Arequipa, nous filons directement dans un bus de nuit direction Cuzco. Eh oui, depuis on a vu le Machu Picchu, mais il va falloir attendre le prochain épisode, car là nous devons partir prendre notre bus et franchir la frontière de la Bolivie  !