20 janvier 2016

Un gros mois à Cuenca

Eh voilà, je prends déjà du retard. Un mois et demi de retard, puisque c'est le temps qui s'est écoulé depuis notre arrivée à Cuenca. Cuenca est donc une jolie ville d'Équateur, très bien organisée, très propre, très coloniale, avec quatre rivières et un climat sympa quoiqu'un peu frais la nuit.



On est d'abord arrivé de nuit à l'hostal Yakumama. Très chouette, TRÈS grand, mais du coup un peu impersonnel et surtout, sans cuisine. Le lendemain on est donc parti en quête de notre hostal numéro 2 : Mallki. On y a d'abord passé 10 jours comme hôtes normaux, avant d'intégrer l'équipe de volontaires. Traduction : contre quelques heures de travail à l'hostal (5 par jour en l'occurrence, avec 2 jours par semaine entièrement libres) on bénéficie de l'hébergement gratuit. C'est donc un mois qui ne nous est pas revenu très cher.


Côté travail on a tout fait : surtout beaucoup de travail par internet grâce aux ordinateurs en libre accès des deux universités publiques de Cuenca. Je me suis lancé dans le community management de l'entreprise de Fernando, design de cartes de visite, et on a même imprimé des flyers. Mais aussi la vente de chaussettes a repris quand Richie et Andy nous ont rejoint, et même la vente de confiture à la française, 5$ le pot, mûre ou fraise, au choix !



Le 12 décembre on a fêté l'anniversaire de Fercho et ça tombait bien parce que tous les copains étaient là. On a eu de la chance car on avait 4 guitaristes, un beatboxer, et même une saxophoniste.


Pour Noël en Équateur la mode est au défilé, et Cuenca héberge justement le plus grand du pays : 7h de défilé pour une cérémonie qui s'appelle "El pase del Niño viajero" (le passage de l'enfant Jésus). 


En 1823 une certaine Josefa Heredia aurait sculpté un petit Jésus, puis en 1961, Miguel Cordero Crespo serait parti se promener jusqu'à Jérusalem avec la sculpture, mais aussi jusqu'à Rome où elle aurait été bénite par le pape en personne. 


À son retour, elle fut rendue à une église de Cuenca, avec l'obligation de la sortir un peu chaque 24 décembre. Pour l'occasion tous sont déguisés, en costumes locaux ou non, en faux indigènes, en espagnols, en Marie et Joseph, en anges...


De la nourriture est distribuée, tout spécialement aux enfants qui participent au défilé : bananes, eau, jus de fruit, biscuits, pain de pâques, sucreries... Ou inversement, les chars du défilé distribuent tout ça au public (c'est un peu la caravane du tour de France équatorienne).






Et enfin, la star du jour : le fameux enfant Jésus !


Depuis Cuenca, nous sommes partis fêter le jour de l'an à Vilcabamba. Mais je vous conterai tout ça plus tard...

19 décembre 2015

Baños

Après la côte, nous sommes partis une semaine pour Baños, où j'étais déjà allée (mais je ne vous l'avais sans doute pas raconté vu que j'avais environ 3 mois de retard). Baños, c'est des thermes, des cascades, des montagnes et un volcan, le Tungurahua.

Bon, ce que je vous ai pas dit c'est que quand on est arrivé le volcan était méga actif. Il crachait tellement de cendres que quand on a changé de bus à Ambato, on s'en est pris plein la tronche. L'avantage c'est que Baños étant construit au pied du volcan, la cendre ne tombe pas directement sur le village.


On est allé jusqu'au Pailon del diablo (chaudron du diable), grande cascade qui fiche la frousse de façon inexpliquée.


En se faufilant par un petit tunnel creusé dans la roche, on peut aller jusque derrière la cascade, mais personne n'y reste bien longtemps, tellement on se sent oppressé...


Un peu plus tard on est monté jusqu'à la Casa del Arbol, petite cabane de bois construite dans un arbre, haut perchée sur le volcan.




Aux branches de l'arbre sont accrochées des balançoires qui vous permettent de faire un tour au dessus du vide.


On a eu la chance que le ciel de dégage deux petites minutes et nous laisse apercevoir le cratère du Tungurahua.


À Baños on a aussi pas mal travaillé, parce qu'il y avait trois ordinateurs en libre service dans notre hôtel, ce qui fut fort utile. Et aussi beaucoup mangé.


Maintenant nous sommes à Cuenca, ville que je connaissais déjà, très européenne, et où nous avons moults projets. Et nous avons trouvé un super bon plan : déjà, l'hôtel où nous avons débarqué est super sympa, mais en plus nous y sommes volontaires : contre quelques heures de travail par jour nous sommes logés gratuitement !
Ça fait déjà quelques semaines qu'on est ici, et on pense y rester pour Noël... Mais patience, Cuenca fera l'objet d'un nouvel article.

28 novembre 2015

Portete

Avec Fernando, nos deux amis argentins Sebas et Nacho, et Marta, une espagnole qui était dans le même camping que nous, on est parti en escapade à Portete. Portete, en plus d'être un nom marrant, c'est une île à une bonne demi-heure de marche (et de nage pour les courageux, ou de barque pour les trouillards) de Mompiche. Résumé en images.





En bonus, Benji, notre copain-chien du camping.


21 novembre 2015

Sous les chaussettes, la plage


Après Ambato, c'est à Santo Domingo que nous avons posé nos valises et exposé nos chaussettes. Mais dès la première visite à la feria, Richie nous fait remarquer : "regardez les pieds des filles...". Horreur, malheur, toutes sont en sandales. Le climat est bien plus clément par ici, et les chaussettes se font rares aux pieds des habitants... On n'aura donc pas un succès fou à la foire, mais on assistera à un chouette concert en buvant du canelazo : mélange d'aguardiente (alcool de canne à sucre) et de cannelle servi chaud. Imbuvable pour moi, je l'ai transformé en version froide à grands renforts de glaçons.


Je voulais profiter d'être près de la côte pour aller faire trempette dans le Pacifique, et c'est chose faite. Je suis partie avec Fernando à Mompiche - que je ne connaissais pas - dans un camping à quelques mètres de la plage. Et comme dans tous les campings d'ici on n'a payé presque rien, c'est à dire 2,5$ par nuit et par personne.


Quelques jours après notre arrivée on a retrouvé par hasard nos deux amis argentins, Nacho et Sebastian. On a pris nos habitudes au petit resto Dueña Gloria, 3$ le repas. On y a fait la rencontre de la petite Analia, que je me suis amusée à dessiner.


On a aussi élu domicile à la boulangerie du village qui fait du vrai café, denrée rare.


À suivre : l'expédition sur l'île de Portete. En avant goût, la playa escondida.



5 novembre 2015

Ambato ou les chaussettes à rayures

Tout d'abord j'ai complètement oublié de vous raconter mon accueil à l'aéroport par Bolivar, mon ami de Quito. C'est quand même grand luxe d'arriver et d'être reçue par un ami et sa voiture, qui vous conduisent jusqu'à votre hôtel.


Après avoir posé mon sac on est directement parti boire une Pilsener, parce que j'en rêvais.

Oh et même encore avant ça, j'ai sympathisé dans l'avion avec mon voisin, un jeune homme originaire d'Équateur et qui a vécu à Quito jusqu'à ses 13 ans. Depuis il habite en Espagne, mais se décide maintenant à revenir ici, pour différents projets. On a passé le temps en se racontant nos vies, en partageant des musiques, et en inventant des pauses pipi pour marcher 5 mètres. On était donc tous les deux tous fous d'atterrir enfin à Quito après de longues heures de vol pleines de turbulences...

Mais revenons en à nos moutons. Si vous avez bien suivi, les protagonistes de ce chapitre sont :
Fernando : colombien, sorte de commercial venu en Équateur pour affaires et qui se retrouve embarqué dans notre histoire.
Richard dit Ricardo ou Richie : colombien, journaliste, vendeur de chaussettes à ses heures perdues.
Andrés, dit Andy ou Felipe : colombien, cousin du précédent, vendeur de chaussettes avec ce dernier.

Nous étions donc tranquillement dans notre petit hôtel de Quito quand les deux cousins nous ont lancés sur la piste de la foire d'Ambato. Pour la fête des morts, c'est la fête dans tout le pays, et plus généralement dans tous le continent. Et à Ambato, il y a précisément une très grande fête, où les deux cousins vont aller vendre leurs chaussettes. Leur projet : que nous venions avec eux pour tenir un stand, et vendre des pizzas !

Avec le temps le programme s'est transformé en : vendons tous des chaussettes ! Pour ça, on a besoin d'aide, et Richard a recruté tout plein de monde de l'hôtel de Quito : Nacho et Sébastien, deux argentins, Adriana, une colombienne, et Marlene, une mexicaine. Et c'est ainsi que la petite troupe est partie pour la foire d'Ambato, un sac en plastique rempli de chaussettes sur le dos.


Ambato est une ville sans grand intérêt, quoique beaucoup plus tranquille que Quito, mais bon, on est là pour la feria.


Avant de vendre les chaussettes, on les agraffe par paquets de 3 en envahissant nos lits d'une marée de chaussettes. Ça nous fait parfois de longues nuits à défaire et refaire des paquets et à compter les douzaines.



À la feria il nous a fallu construire pour chaque stand une table plus ou moins stable selon les constructeurs. Avec Fercho on n'était pas peu fier de la nôtre !
Puis c'est la vente, on alpague le chaland à coups de "3 paires pour 5$ !", "chaussette 100% colombienne !". Et ça se vend bien cette affaire... Dans un moment de creux avec Fernando on s'est inventé un petit sketch : je me mets à parler en français (ce qui est très drôle parce que je peux dire a absolument n'importe quoi). Les gens se mettent à me regarder avec des yeux ronds, et à ce moment-là Fernando leur explique en espagnol : "elle veut dire que ce sont des chaussettes à 5$ pour 3 paires", etc. Rien de tel pour capter l'attention du passant.



Au final, moins tous nos frais et moins un pourcentage pour Richie, on a obtenu un bénéfice de plus de 300$ à deux !
Pour fêter ça je me suis enfin acheté un chapeau (3$) et j'ai mangé... Beaucoup. Des empañadas au fromage, des fraises au chocolat, des "huevos chilenos" (sorte de beignet sucré), des salades de fruits, et même des nougats équatoriens. Le dernier jour j'ai enfin trouvé des platanos asados (banane sur un barbecue) avec du fromage, un régal.


Le programme de la semaine à venir est toujours Ambato, car il y a le week end prochain une autre foire, dans la rue cette fois, dans un petit village à côté de la ville.

29 octobre 2015

L'auberge espagnole

Je suis plus ou moins depuis le début à l'hôtel New Bask de Quito, un des moins cher de la ville (dortoir à 5$, qui dit mieux ?) qui s'est transformé en véritable auberge espagnole. Plusieurs d'entre nous étant là depuis un moment, l'hostal est plus proche d'un début de colocation.


J'y ai rencontré Fernando, un Colombien qui comme moi travaille grâce à la magie d'Internet, et qui m'a emmenée manger mes premiers patacones, ô met précieux tant désiré.



Deux autres de ses compatriotes, Felipe et Ricardo, rencontrés eux aussi à l'hôtel, sont deux cousins qui n'en finissent pas de nous faire marrer.
Tout à commencer avec un concours improvisé de cuisine entre Felipe (qui est chef) et une Mexicaine : on mange donc comme des rois depuis une semaine et j'envisage de faire le double de mon poids d'ici un mois. Ils cuisinent tout ce que j'adore, mais tout ce que j'adore est FRIT. Le top du top étant les bananes frites = patacones. Et puis les avocats à toutes les sauces. Enfin bref, que des trucs light.



Bon, les photos sont un peu sales, elles sont prises au portable... Les petites galettes jaunes sont des arepas, des espèces de petites galettes à la farine de maïs, à se taper le cul par terre.

Je suis passée par Mindo, mais j'ai malheureusement perdu les photos : je les avais mise sur l'ordi de Fernando, mais il vient de se le faire voler. Ça m'apprendra à me trimballer un disque dur externe pour pas m'en servir... Je vous laisse m'imaginer sur la terrasse d'une cabaña en train de siroter une noix de coco fraîche.

L'épisode numéro 2 s'appellera : Ambato et les chaussettes. Je vous laisse avec la tête de Ricardo, fort content de boire enfin un café colombien (à Ambato, justement).


16 octobre 2015

Résumé accéléré

Bon, je vous dois un bref résumé de ce que je n'ai jamais écrit...

J'avais abandonné le récit à mon passage de la frontière Argentine/Chili.

Quelques jours après avoir passé la frontière, je me suis rendue compte que j'avais perdu mon passeport (le plus probable étant dans le bus qui roulait de nuit, car la poche où je l'avais rangé avait tendance à s'ouvrir toute seule). J'ai donc lancé le processus pour en faire un nouveau à Santiago.
Puis on est parti pour Pucon, petit village plein de châlets, au pied d'un volcan. Avant d'arriver là-bas j'ai eu la bonne idée d'oublier ma carte bleue dans un distributeur (car là-bas on ne vous donne pas l'argent en dernier, mais la carte...). On est donc restés un moment bloqués à Pucon pendant que je faisais des pieds et des mains pour faire comprendre à la banque que ça serait vraiment sympa s'ils pouvaient ouvrir ce distributeur et récupérer ma carte. Échec : c'est une société de sécurité qui gère ça, pas la banque, ils n'y pouvaient rien. Je vais donc devoir attendre que ma banque m'envoie une nouvelle carte.
À Pucon on retrouve Fabrice et Kati, et on se fait 2 copains au camping, un couple de chilien fort sympa avec qui on ne fait que manger (puisque chacun son tour invite les autres).
À part cette heureuse rencontre on est donc au sommet d'un karma de merde (enfin ça c'est se qu'on croyait), mais comme le veut la loi de Murphy, un ennui n'arrive jamais seul. Alors qu'il croquait tranquillement un bout de poulet Cristian se pète littéralement une molaire. Je pars en quête de la dent qui a volé par terre et la retrouve sous un meuble de la cuisine (au cas où la chose serait recolable par je ne sais quel procédé de dentiste).
Bref, il repart pour l'Équateur se faire dévitaliser ça, et moi je me promène encore une quinzaine de jours au Chili en attendant mon passeport, mais pas trop non plus car je n'ai qu'un mois de visa au Chili...
Je vais d'abord à Puerto Montt qui est très moche et pas très tranquille. J'y rencontre cela dit Maca, une chouette chilienne dans mon "hôtel" (qui était plutôt une chambre chez des gens). Fabrice et Kati sont un poil plus au nord, à Puerto Varas, et me disent que c'est fort joli. Je file donc les rejoindre.
Nouvelle jolie rencontre : Mélody, une instit française qui bénéficie d'un 80% annualisé et en profite pour faire le tour de la Patagonie. L'hôtel est tellement agréable que c'est un peu la pause pour tout le monde, on passe beaucoup de temps dans le dortoir ou à boire des bières en racontant nos vies.
Quelques balades plus tard je pars pour Chiloé (et pendant la traversée on peut admirer dauphins et lions de mer, la classe !).
J'ai plus les noms des villages en tête, ni mon carnet sous la main mais c'est une île fort mignonne.
J'y ai retrouvé un garçon qui était dans notre hôtel de Puerto Varas. Andreas est allemand, webdisgner en voyage. On part en balade, et ça je peux vous le montrer car il a mis quelques photos en ligne.





Puis je pars sur la côte ouest de l'île, plus sauvage, plus perdue, où on peut visiter un parc national dont j'ai également oublié le nom, en tous cas le village s'appelle Cucao.
Je rencontre Roberto, qui vient de Santiago et qui est photographe.
Puis c'est le retour à Santiago. J'y reste le temps de récupérer mon passeport, de boire une bière avec Roberto qui, lui aussi, est rentré à la capitale, puis je file avant que mon visa n'expire et me voilà de retour à Quito.
À Mindo je vis dans une petite maison bleue qui n'est adossée à aucune colline, j'apprécie de me poser enfin car l'itinérance use au bout de quelques mois.
Cristian connait absolument toutes les plantes, se balader avec lui est passionnant. D'autant que la nature est hyper dense : comme m'a dit un français rencontré à Mindo : on dirait le décor de jurassic park. On cueille des champignons, je bois enfin du Kombucha (oui Marie), on boit de l'eau dans les bambous, on croule sous les citrons et les oranges, je goûte au palmito et à la pizza aux orties... Et le top du top : les noix de coco fraîches quand on veut. Sinon je me goinfre de pizzas, de patacones et d'hamburgers végétariens, le tout plein d'huile à l'ail, le gras c'est la vie.
Je ferai un petit passage par Baños, l'incontournable place to be Équatorienne. Je passerai aussi par Otavalo, l'énorme marché d'artisanat au nord de Quito, pour les petites emplettes d'avant départ.
Puis, le moins rigolo : le retour en France. À l'aéroport on m'informe que j'ai dépassé mon temps de séjour autorisé, mais on m'embête pas trop, peut être parce que je chiale comme un bébé (si bien que la douanière voisine de celui qui s'occupe de moi vient me voir pour me demander ce qu'il m'arrive).

Voilaaa c'était le résumé indigeste de 4 mois de voyage.